2 – Comprendre autrement : de l’avidya au vidya

Mind and pure Satva
 
1. Consciousness going out towards object is mind.
 That which turns towards the Self is pure Satva
 
2. It is the opinion of the wise that the mind is avidya and pure satva, vidya. Vidya alone is the means of liberation.
 
3. The path of avidya leads to bondage. So the aspirant must take to the path of vidya for liberation.
 
4. For eternal peace, persistent striving is necessary till enlighten-ment.
Âtmâ Darshan, (perception du soi réel)At the ultimate 
 par Sri Krishna Menon.1946
Le mental et pur Satva (Pensée tournée vers l’Âtmâ le Soi réel)
 
1. La Conscience se portant au dehors vers des objets est le mental. Ce qui se dirige vers le Soi est pure Satva.
 
2. C’est l’opinion des sages que le mental est avidya et le pur satva, vidya. Vidya est le seul moyen de parvenir à la libération.
 
3. Le chemin d’Avidya mène à l’asservissement, aussi l’aspirant devra-t-il adopter le sentier de vidya pour atteindre la libération.
 
4. Pour l’éternel paix, des efforts assidus sont nécessaires jusqu’à la libération.

Dans la première partie, nous avons abordé le monde par la connaissance objective, sans pouvoir la dépasser. C’est ce que les Hindous appellent avidya (ignorance), la connaissance inférieure qui se rapporte aux objets grossiers comme aux objets subtils tels que la psychologie, la philosophie, la religion, la phonétique, la grammaire, l’étymologie, la métrique, l’astronomie… Ces connaissances peuvent être atteintes par des objets ayant la même nature qu’elle, comme l’intellect, le mental, les cinq sens et le corps. C’est l’aspect objectif de la connaissance, qui malgré toute son utilité, nous cloisonne dans un monde matériel. C’est tout le savoir que nous avons acquis depuis notre naissance jusqu’à aujourd’hui. Une information, une connaissance limitée ne peut mener qu’à une vérité limitée. Tout ce qui apparaît comme vérité fractionnée est partiellement erronée. La science, le yoga, la philosophie, la dévotion, et toute forme de mysticisme ne travaillent que sur des données partielles. Ce qu’ils révèlent n’est pas complet. Notre réflexion s’est développée avec la certitude que notre existence est basée sur l’état de veille. Nous considérons que le rêve et le sommeil profond en font partie, perdant ainsi leur qualité d’état. On ne peut analyser raisonnablement notre existence, en étudiant seulement l’état de veille et en ignorant les deux autres tiers de notre expérience : l’état de rêve et l’état de sommeil profond.
En considérant que ce monde de l’état de veille est notre seule réalité, notre recherche spirituelle risque d’être un long chemin parsemé d’embuches, de pistes sans issue, éphémères, n’apportant qu’une satisfaction provisoire. Certains dans ce monde, souhaitent purifier leur esprit, d’autres veulent s’écarter des plaisirs matériels considérés comme une entrave hédoniste à leurs aspirations ascétiques. Ces croyants ne sont pas pour autant libérés de ce qui les entoure. En voulant se détacher de certains objets, ils y consacrent toute leur pensée. Au lieu de les éliminer, ils arrivent au résultat inverse, en renforçant leur pouvoir et en se perdant dans les méandres de l’insatisfaction. D’autres encore aspirent à la souffrance, espérant qu’elle leur ouvre les portes du paradis. Comme ces kamikazes fanatiques, s’imaginant en martyr, se font exploser pour rejoindre au plus vite le paradis d’Allah. Pauvres fous, ils ne sont que des assassins.
En cherchant à se détacher de la sexualité, des aliments, en recherchant la solitude, le silence, en pratiquant le yoga, des pratiques religieuses, des rituels ou encore en s’immergeant dans l’instant présent, l’aspirant à la Vérité aspire à la pureté, la sagesse ; il souhaite se rapprocher de Dieu, de Jéhovah, d’Allah, de Bouddha, du Tao etc. Par toutes ces pratiques sincères, il compte dépasser son insatisfaction d’être humain tout en continuant à garder pied dans sa réalité du monde. Il ne pourra en récolter qu’une courte satisfaction qui l’aidera peut-être à diminuer son ego et à renforcer ses croyances. Mais ces aspirations seront-elles capables de le satisfaire au-delà du doute ?
Les Hindous complètent avidya (la connaissance inférieure) par un autre élément, vidya (la connaissance pure), la connaissance de « Soi ». Aucun instrument objectif ne peut être utilisé concernant la connaissance subjective, notre intellect ne pouvant saisir ce qui est au-delà de la Conscience objective. Nous tacherons néanmoins de découvrir vidya en réalisant que nous ne pouvons être ni ce corps, ni ces organes des sens, ni ce mental.

 

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