Atma-Darshan  

à l’ultime
Sri Atmananda Krishna Menon.

Préface.  d’Atma Darshan

Le texte qui suit est ma propre traduction (en anglais) à partir de l’idiome Malayalam, écrit en vers et divisé en sections en fonction des idées. Bien sûr, la force de l’original est perdue dans la traduction.
Chaque section 6 à 20 traite une approche spéciale.
Les sections 6 à 13 sont liées, c’est à travers l’aspect témoin de la section 6 qu’on atteint l’aspect témoin de la section 13, après quoi, l’aspect témoin aussi chutera.
Même l’aspect témoin n’est qu’un moyen, car il demeure ici une superposition. Pour atteindre la Réalité, cette superposition doit disparaître.

Dans le paragraphe 6, la mémoire est acceptée dans son sens ordinaire et par ce moyen, l’aspect témoin est rendu clair.
Dans la section 19, la mémoire est établie comme étant inexistante. Ces deux procédés peuvent sembler contradictoires. Ceci sera résolu en se souvenant que les éléments de la section 6 viennent en considération du principe témoin, tandis que le contenu du paragraphe 19 est en considération du principe de la mémoire.

De la même manière, les objets sont vus à un endroit comme étant la Conscience et ailleurs comme étant des pointeurs vers la Conscience. L’explication est que dans le contexte du premier, la considération est sur la nature des objets, mais que dans l’autre,  la considération est dans la nature de la Conscience.
Similairement, n’importe quelle contradiction apparente se révèle d’elle-même, une simple réflexion révélera qu’il n’y a aucune contradiction.
La méthode d’analyse du concept du monde objectif et celle qui établit qu’il n’est rien que Conscience, est acceptée dans ce travail de la même manière que l’autre méthode qui établit que, en tant que matière brute, en fait il n’y a pas de monde du tout et ainsi, nous aide à nous établir en tant que Conscience pure. C’est cette dernière méthode qui est vue aux sections 19 et 20. Ces deux méthodes pourront être vues à partir de leur propre position respective.
L’aspect témoin permet, d’une manière générale, de rendre les choses un peu plus claires. À  première vue on peut penser que le témoin de la section 6 est comme le Jiva, une entité fonctionnelle. Mais une petite réflexion montrera que le témoin n’a pas de fonction. Quand l’attention est dirigée vers la Conscience qui est le témoin, il n’est pas possible de la diriger au-delà de ce qui est témoigné. Ni, que ce qui est témoigné est présent dans cette Conscience. Donc, c’est dans la  Conscience non-fonctionnelle que les pensées se fondent.
C’est à partir de cette expérience que l’aspect le plus haut de témoin traité dans la section 13 vers 2, est attaché. L’essence de ce vers est que la Connaissance témoignée, contrairement au mental, n’est pas vue par l’effort ni par son intermittence.
Le soleil brille dans sa propre splendeur. La lumière est le soleil de notre nature d’Être, ce n’est pas une fonction. Pas plus qu’il n’y a une quelconque idée d’illuminer les objets. Mais les êtres vivants perçoivent les objets par la lumière du soleil. Cela fait qu’ils superposent au soleil la fonction d’illuminer les objets. De la même manière, les objets et les pensées se montrent eux-mêmes dans la Conscience. Quand la fonction de révélateur est superposée sur la Conscience, elle devient le témoin. En fait, la Conscience brille d’elle-même. La lumière ou révélation est sa vraie nature, ce n’est ni une fonction ni une propriété.

Quand on atteint cet aspect le plus haut du témoin, on arrive alors à réaliser qu’il est la pure Conscience, sans aucune teinte de témoignage de quoi que ce soit.
Il faut se prémunir de la confusion entre les différents niveaux de pensée ou de la position des différentes étapes de l’illumination montrés dans la section 4. Jusqu’à ce qu’on atteigne le plus haut degré de la Conscience pure, il peut y avoir des superpositions variées sur la Réalité. Étape après étape ces superpositions vont tomber l’une après l’autre. La Conscience pure est une expérience pure (sans ajouts). Elle ne peut être perçue au début que par les objets.

L’invisible Rabu* est perçue par l’éclipse de la lune. De la même manière, Âtmâ qui est une expérience pure, est perçue à travers les objets. *(ombre de la terre, classée dans l’astrologie indienne comme la planète appelée Rabu : tête de dragon),

De cette manière on peut percevoir Âtmâ seule, qui est la Conscience pure, pas à pas, et alors, on surmonte l’idée d’un monde objectif. Dans la section 7 verset 1, il est montré qu’Âtmâ est la Conscience des sons et autres objets.
Quand l’idée des objets s’évapore graduellement et que l’attention est fixée de plus en plus sur la Conscience, il sera vu alors que c’est la Réalité qui imprègne toute chose. Au cours du temps elle apparaîtra comme étant l’Absolu. Ici aussi, il est montré que l’expérience de la Réalité se fait par étapes.

1. Advaita.

1. Les Jivas comme les vagues de la mer naissent, s’élèvent et retombent, luttant les unes contre les autres et meurent.

2. Frappant contre le rivage, les vagues reculent exténuées et usées, cherchant le repos et la paix. De même, les Jivas aspirent au Suprême par des chemins variés.

3. Les vagues ont leur naissance, leur vie et leur mort dans la mer elle-même, les Jivas dans le Seigneur.

4. Les vagues ne sont que de l’eau. La mer aussi. De même, le Jivas et le Seigneur ne sont rien d’autre que Sat, Cit et Ananda.

5. Quand les vagues réalisent que la mer est leur support commun, toutes les luttes cessent.

6. On n’acquiert peu de ce fait, ce n’est pas le mot de la fin. Le travail reste à accomplir afin d’écarter le sentiment de séparation.

7. Lorsque l’eau est réalisée, la vague et la mer disparaissent. Ce qui apparaissait comme étant deux, est ainsi réalisé comme n’étant qu’Un.

8. L’eau peut être atteinte à partir de la vague en suivant la voie directe.
Si l’on prend la voie de la mer, beaucoup plus de temps sera nécessaire.

2. Enquête sur la cause du monde. (vide de sens)

1. Aucune question ne peut être posée sur le moment, le lieu et la cause de l’origine de ce monde, car elles font eux-même partie du monde.

2. La question cherche à obtenir une explication du tout à partir de ses parties. Cela ne peut jamais être une question logique.

3. La question de savoir qui superpose à soi-même un acteur, n’est pas non plus pertinente. Cet acte même de superposition présuppose un acteur. Par conséquent, cette question aussi est illogique.

3. Le mental et le pur Satva.

1. La Conscience tournée au dehors vers les objets est le mental.
Ce qui est tourné vers le Soi, est le pur Satva.

2. C’est l’opinion du Sage que le mental est l’avidya, et le pur Satva est le vidya. Seul le vidya est synonyme de libération.

3. La voie de l’avidya mène à l’attachement. Aussi, le chercheur doit suivre la voie de vidya pour sa libération.

4. Pour la Paix éternelle, un effort persistant est nécessaire jusqu’à l’a l’illumination.

4. Différentes étapes de l’illumination.

1. Celui dont l’esprit est captivé par la beauté d’une forme sculptée dans la pierre, oublie le fait que la pierre est le support de la forme.

2. Quand il s’élève au-delà de cette fascination et regarde la forme, il voit l’arrière-plan, la pierre, qui supporte la forme.

3. Quand il prête ainsi attention à la pierre, elle est vue aussi dans la forme et plus tard la forme est vue comme n’étant rien d’autre que de la pierre.

4. L’illumination de la Vérité vient aussi de cette façon.
La Conscience devient obscurcie principalement à cause de notre attraction et de notre intérêt persistant pour les objets extérieurs.

5. Quand on dépasse cet intérêt et que l’on regarde les objets, on peut voir qu’ils surgissent et demeurent dans la Conscience seule.

6. Quand la Conscience commence à recevoir ainsi l’attention qui lui est due, elle vient aussi à se révéler dans les objets et ceux-ci seront, en temps du, transformés en Conscience.

7. C’est la réalisation de soi-mêmes et du monde entier comme une Conscience, qui est connu comme la réalisation de la Vérité.

5. Le sommeil profond, Nirvikalpa Samadhi et l’état naturel.

1. C’est dans la Conscience que les objets apparaissent. Donc, quand ils disparaissent ce qui reste c’est cette Conscience et non pas le néant.

2. Si cette vérité s’enracine profondément dans la pensée, alors le sommeil profond, en abandonnant son caractère occultant de la Réalité, se transforme en Nirvikalpa Samadhi.

3. Quand on réalise aussi que les objets ne sont rien d’autre que la Conscience, on revient à notre vraie nature qui est immuable et au-delà de tous les états, incluant le Samadhi.

6. Le témoin de Jiva.

1. Seul ce qui a été perçu auparavant peut apparaître dans la mémoire. Le «je» incarné, qui perçoit, fait ou ressent tout, apparaît aussi parfois dans la mémoire. Il s’en suit que le «je» incarné était témoigné par un autre principe réel au moment de cette perception, de cette action ou de ce plaisir.

2. C’est ce témoin «Je» là qui est le vrai principe «Je». En fixant son attention là et en s’y établissant, on est libéré de l’attachement.

7. Le «Je» en tant que lumière de la Conscience.

1. La lumière dans la perception des objets sensoriels est l’immuable Âtmâ, le Un sans second, qui demeure pénétrant tout.

2. Pour La voir telle qu’elle est, les objets doivent être séparés d’Elle, ou alors, pointer vers Elle.

3. Le «Je» dois être transféré du corps à l’Âtmâ. La délivrance de l’attachement, la Paix et le Bonheur en découleront.

8. La pure Conscience .

Atma est cet immuable et unique Rasa dans lequel les pensées et les sentiments se résorbent. voir cela, le pénétrer et s’y établir en elle en tant que «Je», enlève toutes les illusions et amène une paix constante.

9. Le Soi.

1. On n’a pas besoin qu’on nous le dise, pour que l’on sache clairement que le «Je» est immuable.

2. Le «Je» persiste dans tous les états. Il est là quand il y a une pensée. Il est là quand il n’y a pas de pensée.

3. S’il en est ainsi, quelle autre évidence est nécessaire pour montrer qu’il ne peut pas être l’auteur ou le jouisseur qui veut dire un changement.

4. Au moment où une chose se fait, il n’y a pas de pensée ou de sentiment qu’on est en train de la faire. Voila encore une preuve qu’on n’est pas l’auteur.

5. Réclamer avoir fait une chose après que cela soit fait, ne fait pas de quelqu’un son auteur.

6. Le sentiment intense qu’on est ni l’auteur ni le jouisseur, libère de tous les attachements et en conséquence, notre vraie nature se révèle ainsi.

10. Fausse identification du Soi, et les moyens de s’élever au-dessus d’elle.

1. Le Jiva est une combinaison du corps et d’Âtmâ paraissant comme étant Un.
Quand ils sont séparés, le Jiva, en tant que tel, ne peut pas subsister plus longtemps.

2. Le corps, le Prana et toutes les modifications mentales ne sont-ils pas des perceptions ?
La Conscience, le Soi est ce qui les perçoit.

3. Ceux qui l’ oublient, en s’identifiant avec le corps, le mental, etc. vivent dans l’asservissement.

4. Ceux qui, par une sage discrimination, s’élèvent au-dessus de cette fausse identification, deviennent libérés et reposent en paix dans leur vraie nature.

5. La pensée qu’on est le corps, grossier ou subtil, est la cause de tous les attachements. Si la pensée est que l’on est la Conscience et que cette pensée est forte et profonde, on devient immédiatement libéré de tous les attachements.

6. Celui qui voit, en tant que tel, ne peut jamais être ce qui est vu, et le vu, en tant que tel, ne peut jamais être celui qui voit. Si cette vérité pénètre profondément dans son cœur, la fausse identification avec le corps  cesse.

7. On peut voir dans les activités de la vie, que les caractéristiques de l’un sont souvent superposées sur l’autre. Une attention particulière doit être prise pour l’éviter.

8. Quand la réalité est attribuée aux choses dans le monde objectif, alors souvenez-vous que vous êtes un être incarné, en d’autres termes, qu’il y a identification de Soi avec le corps.

9. Avoir toujours en tête que de tels changements comme la naissance, la croissance,  le déclin et la destruction sont les caractéristiques de la matière, un objet de la Conscience.

10. Il doit être clairement compris que la Conscience est différente de ses objets et que pendant que les objets varient, la Conscience demeure immuable.

11. La Conscience est la lumière d’Âtmâ, alors que les objets sont directement liés avec le corps. Lorsque la connexion avec le corps est rompue, la connexion avec les objets extérieurs est rompue aussi.

12. D’un strict point de vue, il ne peut y avoir de connexion entre Âtmâ et le corps.
Comment peut-Il y avoir une connexion entre des choses de nature complètement différentes dans leur nature et dans leur structure ?

13. Âtmâ est la seule Réalité. Le corps est tout à fait irréel. De cela découle aussi qu’il ne peut y avoir une quelconque connexion entre eux.

14. Il est clair alors que leur connexion n’est que fantaisie. Elle disparait quand la Vérité est connue et maintenue vivante.

15. Le désir de ne pas mourir a sa racine profonde dans l’Âtmâ qui est immortel.

16. Si ce désir devient lié à ce qui est objectif, c’est une surimposition des caractéristiques d’Âtmâ sur le non-Âtmâ.  Comment les objets qui par définition sont limités dans le temps, peuvent être fait pour transcender le temps ?

17. Âtmâ est le Bonheur même. C’est pour cette raison que dans tous les êtres il y a ce désir de bonheur. Quand on suppose qu’il vient des objets, il y a surimposition des caractéristiques de l’un sur l’autre.

18. Le désir de liberté a aussi ses racines dans Âtmâ qui est la seule existence inconditionnelle.

19. Attraction, répulsion, peur, souffrance, inquiétude, dépendances, mensonges, paresse, passivité et tout ce qui est similaire, surgissent de la connexion avec le corps.

20. Constance, amour, bonheur, paix, courage, sens de la liberté, sincérité, sens de l’existence, vigilence, connaissance, etc. appartient au royaume d’Âtmâ.

21. Tout ce qui accentue la personnalité doit être compris comme ayant son origine dans l’identification avec le corps.

22. Ce qui nous aide à nous épanouir au-delà des limites du corps, doit être vu comme émanant d’Âtmâ. Les caractéristiques doivent être distinguées de cette manière et vu dans leurs domaines respectifs.

23. Si cela est fait ici et maintenant, cela bloque le chemin de la superposition des caractéristiques de l’un sur l’autre.

24. Si toutes les possibilités de superposition sont ainsi éliminées, nous parvenons à notre état naturel dans lequel il est réalisé que la totalité du monde objectif n’est aussi rien d’autre que la Conscience.

25. Cette dernière vérité peut aussi être réalisée par une analyse stricte du monde objectif lui-même.

26. Les objets de la Conscience ne peuvent jamais être séparés de la Conscience. Ils n’ont pas d’existence indépendante. Ils ne sont par conséquent rien d’autre que la Conscience.

27. Approcher la Vérité de cette façon, éliminera également l’erreur de l’identification de la Conscience avec le corps, et toute illusion. On sera alors établi dans l’Âtmâ, l’Une et unique Réalité.